Forom au Capitole : que les langues sont belles sous le soleil

La place du Capitole transformée hier en carrefour des langues. Rien que de plus naturel dansla ville aux 160 nationalités./ Photo DDM Michel Viala

La place du Capitole transformée hier en carrefour des langues. Rien que de plus naturel dansla ville aux 160 nationalités./ Photo DDM Michel Viala

Claude Sicre est un sorcier du temps, a suggéré hier un invité rhonalpin du Forom des langues, place du Capitole. Présumé marchand de soleil, trop «fabulous», le troubadour. Car c’est sous un gentil cagnard que s’est déroulé le 21e Forom cher à son inspirateur, à tous les bénévoles du Carrefour culturel Arnaud-Bernard, et à «tous ceux qui parlent les langues des hommes», ce qui fait du monde. Bon ! Pas sûr que Sicre soit pour quelque chose dans la météo. Mais dans la défense de l’égalité et de la pluralité des langues, si.

Etonnant Forom : on y cause dans toutes les langues (100 stands et un peu plus de langages représentés), on y colloque sur des thématiques prégnantes (traduisez -moi ça en dioula), on y danse, on y apprend la calligraphie, enfin plus que ça, «on y apprend à se connaître» souligne Pierre Cohen, maire de Toulouse. Dans les allées, on trouve l’occasion de prendre langue sans frontières et bourse délier : «C’est le principe de la manif, explique les organisateurs. ici, tout est gratuit, l’accès bien sûr et aussi la location des stands, les débats de haut niveau, les animations variées».

Echanges jubilatoires

Les collectivités locales, avec au premier rang la mairie de Toulouse, sont très engagées : «Ce genre de rassemblement et d’échange, est nécessaire, notamment en période de crise», commente Pierre Cohen. Avec le soleil, les danses, la tchatche à en perdre son latin (non représenté !), une manif carrément jubilatoire sous le signe de la pluralité rappelait Claude Sicre, à l’heure de l’inauguration officielle, conviviale et décalée. Il faut dire que le cri du cœur de la manif («Tous les métèques place du capitole !») a une résonance très particulière à Toulouse, «la ville aux 160 nationalités», rappelait opportunément Jean-Paul Makengo, adjoint au maire.

Jean-Luc Moudenc participait également aux débats de l’après-midi. Les débats Cohen-Moudenc pour la prochaine campagne municipale seront sans langue de bois, promis ! En occitan peut-être, en uropi, c’est encore peu probable. L’uropi, «une langue commune pour l’Europe», c’est le dada de Joël et ses amis venus spécialement de Chartres et Tourcoing (!), qui casse-croûtent sur leur stand. On en profite pour leur apprendre que le zaza est l’un des quatre dialectes kurdes. La pluralité des langues est un plaisir partagé.

Daniel Hourquebie

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